Sang
Le lendemain, je me réveille sur le canapé, il est 13 heures. Cela sortait malgré moi, lentement d'abord puis tout d'un seul coup. Je m'oblige a faire face à la réalité. Seule dans mes toilettes, je ne bouge pas. Je m'assois par terre, je descend ma culotte aux genoux, la main tremblante. Elle était grenat, gluante de caillots. je regarde ces joyaux de sang durci en pleurant. De temps en temps, je passe un mouchoir sur la figure pour nettoyer le nez morveux que les pleurs me donnait, comme on fait aux jeunes enfants, en leur tenant la tête d'une main et en frottant de l'autre sans précaution. Il y a du sang partout des rivières de sang et de larmes. Je me lave. Je trempe dans le sang, mais il faudra se mettre debout et recommencer. Comme je suis fatiguée et las. Il me semble parfois que jamais je ne relèverait de cette fatigue. Je me dis, c'est rien que du mauvais sang qui doit s'expluser. C'est une grande malchance. Mon dieu, faites que je ne sois pas devenue folle !
On ne fait pas comme on veut la grève de vivre. Les contraintes n'ont pas changé, ni l'obligation d'exister au delà des revers. Alors je met en route le silence. Ce début d'année ne fait que souligné et suspendre le cours naturel des choses.
Julien se lève, je fais mine de rien. Ma maman m'écrit sur msn, je fais mine de rien, je reçois des sms de bonne année, je fais mine de rien, je répond poliment.
En fin d'après midi, on décide d'aller au cinéma voir "Arthur et les Minimoys", avant cela on prend un chocolat chaud. L'ambiance est si douce que cela me fait du bien. J'oublie pendant 2 heures mes tourments. Je regarde Julien et je me dis que je l'aime plus que tout, que demain sera meilleur.
La colère tombée, ne laisse plus en moi que du vide et dans l'obscurité intérieur de la tristesse silencieuse, je m'endort.